Etant consultant junior, ce sont toujours les premiers jours qui sont pour moi le plus difficile. En effet, à mon niveau, commencer une nouvelle mission revient à changer de travail, en pensant parfois du coq à l’âne (pour mon plus grand plaisir d’ailleurs).
Pourquoi est ce difficile ? parceque nous n’avons que quelques jours pour comprendre les problèmatiques, les jeux de pouvoirs, les outils de travail … une nouvelle mission, c’est un ensemble de nouvelles relations sociales qui s’ajoutent à l’existant. Il faut s’avoir s’intégrer rapidement tout en paraissant être l’homme de la situation, et ceci en s’adaptant aux modes de communications de chacun.
2 exemples:
L’arrivée sur une mission ou la personne précédente ne donnait pas satisfaction, autant sur le travail, fond et forme, que sur les relations sociales. Durant les premiers jours, on sera forcément confronté à la comparaison au mieux (est-ce que je moi je remplis les critères requis?), à l’assimilation au pire (je suis pareil que la personne précédente, donc surtout ne pas l’accueillir). C’est l’exemple de Fionayo, ma partenaire de blog, qui sens bien qu’il existe une méfiance vis à vis de sa prestation, compte tenu que la personne précédente n’était pas intégré et ne travaillé pas correctement (assimilation vis à vis de l’origine géographique).
L’arrivée sur une mission qui a mal commencé. Le mode de communication n’étant pas adapté entre une personne importante et le nouvel arrivant, la transmission des connaissances, du planning, du périmètre ne sont pas correctement transmis, des journées sont perdus et chacun est insatisfait. On peut reprocher ici que le nouvel arrivant devrait s’adapter à l’entreprise, et donc à la personne qu’il va remplacer. On peut aussi remarquer que les échanges pour avoir lieu nécessite un émetteur et un récepteur. Quand le récepteur n’aime pas le ton ni le contenant du message ni le contenu, il est difficile de s’y adapter: ceci me pose particulièrement problème et ce sera mon point d’attention pour ma prochaine mission. Quand l’émetteur n’aime pas le mode de communication du récepteur non plus, il y a soit blocage du dialogue (destructif pour l’arrivée sur le projet), soit un jeu de dupes ‘je t’écoute tu m’écoutes’ qui peut être également aussi destructeur puisqu’il augmente l’insatisfaction, le non-dit, …
Quels sont les pistes à explorer selon moi ? faisons une liste à la Prévert:
- D’abord, s’adapter et faire l’effort de passer au dessus de son caractère et de ses envies pour accepter le mode de communication des personnes, même fortement antipathiques.
- Montrer au client, à l’employeur, que nous avons compris ses problèmes et que nous allons nous attacher à y répondre. Ceci passe donc par un dialogue ou nous montrerons:
- Les axes de développement de la mission
- Le périmètre de travail (ce qui est fait, ce qui est fait en partie, ce qui est attendu) pour chaque axe
- Le planning pour la reprise et l’assimilation de ce qui est fait
- Ce qui est à faire pour passer du réalisée à l’attendu
- Le planning pour passer de ce qui est fait à ce qui est attendu
- Définir et montrer que nous comprenons les risques de la mission.
- Pour sa propre compréhension, faire un schéma reprenant les acteurs et les relations entre les acteurs (propice à une analyse systémique). Quels sont les leviers à utiliser pour s’intégrer ? pour s’approprier le sujet ?
On peut donc se placer sur un mode événementiel, et décrire plusieurs étapes:
- 1e jour: je rencontre l’équipe, je définis mon rôle
- 3e jour: je définis le périmètre, je fais validé les objectifs et les résultats attendus ainsi que l’orientation de mon travail. Le résultat est un plan d’action à court terme et un à moyen terme
- 1e semaine: rapport d’étonnement. Je propose ma compréhension des sujets abordés: ce que je trouve intéressant, les similarités que je retrouve avec mes expériences, ce que je souhaite éclaircir ou retravailler sur ce qui a été fait. En sortant de cette réunion, je suis opérationnel.
- 3e semaine: j’ai commencé à réaliser le plan d’action court terme. J’ai maintenant la culture et la connaissance suffisante du projet pour donner de nouvelles orientations et analyser les premiers résultats. Je propose donc une revue du plan d’action moyen terme et une adaptation de mes taches. A partir de cette 3e semaine, je deviens force de proposition (proposer avant cette 3 semaine, ce serait copier-coller une solution existante et adapter à un autre problème, pas aux problèmes actuels: A EVITER COUTE QUE COUTE)
- 3 mois: Revue de projet, revue de mission, point d’étape. Quelque soit son nom, une remise à plat est à faire pour adapter la prestation. Quelques éléments sont en effet à vérifier: A la lumière de ce qui a été fait, quels sont les objectifs, quels sont les actions et les résultats (chiffrage), quels sont les nouvelles opportunités ? (toujours les mêmes, différents ?)
J’espère que ces déclarations d’intention m’aideront à garder le cap sur les différents sujets abordés: notamment sur la mise au niveau du langage et du comportement par rapport aux interlocuteurs qui peuvent parfois agir comme des réservoirs d’informations (j’ai peur, je garde) aussi bien que sur des petits chefs (je veux contrôler mon monde car je commence à avoir des responsabilités et j’ai peur des gaffes) ou encore les suiveurs (je suis là mais ne comptez pas sur moi pour aider à pousser: je suis le flot !)